Le Canada a officiellement levé la majorité de ses droits de douane de rétorsion sur les marchandises américaines, atténuant ainsi considérablement les tensions commerciales qui persistent entre les deux pays depuis l’imposition de droits réciproques ces dernières années. Cette levée, en vigueur depuis le 1er septembre, s’applique à une vaste gamme de produits de consommation et agricoles auparavant visés par les contre-mesures canadiennes. Le premier ministre Mark Carney a annoncé cette mesure fin août, confirmant que les droits de douane ne s’appliqueraient plus aux marchandises américaines visées par l’ Accord Canada – États-Unis – Mexique (ACEUM), à l’exception des secteurs où les droits de douane américains demeurent en vigueur, comme l’acier, l’aluminium et l’automobile.

Cette décision fait suite aux ajustements apportés aux politiques tarifaires américaines sur les importations canadiennes , qui avaient précédemment déclenché les mesures de rétorsion du Canada. La suppression des droits de douane avait affecté des exportations américaines vers le Canada d’une valeur estimée à 16 milliards de dollars canadiens, couvrant notamment le jus d’orange, le ketchup, le café, les aliments transformés, les produits en papier et divers biens de consommation. Les documents douaniers ont depuis été mis à jour pour refléter la suppression de ces droits, les importateurs canadiens n’étant plus tenus de payer la surtaxe à la frontière.
La réduction des droits de douane a été accueillie favorablement par plusieurs groupes agricoles et commerciaux américains. En Floride , les producteurs d’agrumes ont accueilli favorablement le changement, notamment ceux exportant du jus d’orange et des fruits frais vers le marché canadien. Ces produits étaient assujettis à des surtaxes canadiennes depuis 2022 en réponse aux droits imposés par les États-Unis en vertu de l’article 232 de la Trade Expansion Act, qui classait l’acier et l’aluminium canadiens comme des risques pour la sécurité nationale.
Les droits restants ciblent l’acier, l’aluminium et l’automobile
Au Canada, le gouvernement a précisé que les contre-tarifs resteraient en vigueur pour un groupe restreint d’importations américaines dans des secteurs où les producteurs canadiens continuent de se heurter à des barrières commerciales. Cela comprend les métaux primaires et les composants automobiles, qui sont toujours assujettis à des restrictions ou à des tarifs douaniers imposés par le département du Commerce des États-Unis. Les responsables canadiens ont déclaré que les mécanismes de surveillance commerciale existants pour ces secteurs resteraient actifs.
Cette décision a suscité des critiques de la part des syndicats. Unifor, le plus grand syndicat du secteur privé au Canada , s’est dit préoccupé par la suppression des tarifs, affirmant qu’elle porte préjudice aux travailleurs canadiens dans des secteurs où des protections demeurent nécessaires. Le Syndicat des Métallos a également publié une déclaration exhortant le gouvernement fédéral à veiller à ce que les industries canadiennes ne soient pas vulnérables à la suite de ces changements. Malgré les critiques, les associations canadiennes du commerce de détail s’attendent à ce que la suppression des tarifs atténue les pressions inflationnistes sur les biens de consommation importés.
Le cadre de l’ACEUM guide les prochaines étapes de l’application des règles commerciales
Les analystes du secteur prévoient que les ajustements tarifaires pourraient intervenir progressivement, notamment dans le secteur de l’alimentation et des boissons, à mesure que les entreprises se débarrassent progressivement de leurs stocks achetés à des taux de droits plus élevés. Cependant, la plupart des détaillants n’ont pas encore annoncé de modification de leurs prix de vente. Cette baisse s’inscrit dans le prolongement d’une récente décision de la Cour d’appel des États-Unis, qui a jugé illégales plusieurs mesures tarifaires prises sous l’administration américaine précédente. Bien que cette décision soit en appel, elle a déjà eu des répercussions sur le cadre réglementaire du commerce transfrontalier.
Le gouvernement canadien n’a pas directement lié sa décision à cette décision, affirmant que sa politique tarifaire demeure fondée sur les obligations juridiques et commerciales découlant de l’ACEUM et des règles de l’Organisation mondiale du commerce ( OMC ). Selon Statistique Canada, le volume des échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis a atteint 1,2 billion de dollars canadiens en 2024. Les États-Unis demeurent le principal partenaire commercial du Canada, représentant plus de 75 % des exportations canadiennes.
La suppression des droits de douane de rétorsion devrait alléger le fardeau logistique des importateurs et simplifier les procédures douanières pour des milliers de marchandises. Ce changement de politique constitue l’une des avancées les plus importantes dans les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis depuis l’entrée en vigueur de l’ACEUM en 2020. Les autorités canadiennes ont réitéré leur engagement envers un commerce fondé sur des règles et le respect du droit commercial international. Aucune autre mesure de rétorsion n’a été annoncée. – Par Content Syndication Services .
